5 questions à Chantal, the gourmet french lady à Toronto !

cremeChantal a toujours adoré cuisiner ! Elle est arrivé au Canada en 2005 avec son double diplôme en cuisine et pâtisserie-chocolaterie, plus précisément au New Brunswick où elle a crée sa première entreprise. Aujourd’hui installée à Toronto, elle nous parle avec enthousiasme de son parcours (et nous fait saliver avec ses photos !).

« Bonjour Chantal et merci de partager avec nous ton expérience de Femme et Entrepreneure, Ici ou Ailleurs !

Prête à nous en dire plus en 5 questions ?

1. Tu as créé différentes activités que tu mènes de front,  Chantal Vechambre Chef & Caterer, My Creme Caramel, ton activité de consulting, d’auteur et maintenant une nomination prestigieuse, d’où te vient toute cette envie d’entreprendre ?

8435255J’ai toujours eu l’âme entrepreneuriale, c’est à dire faire marcher un projet, même modeste, une idée personnelle, être indépendante, c’est toujours ça que j’ai recherché dans mes différentes activités…

En France d’abord, avec plus ou moins de bonheur, car pas forcément dans de bonnes conditions, et depuis 10 ans au Canada.

Ici, il est facile de mixer salariat et travail autonome et c’est bien pratique… C’est parfois un peu fatiguant de changer de casquette, mais au moins, on peut le faire et personne ne vous regarde bizarrement en vous traitant de « touche-à-tout »…… Les choses se passent, on essaye, on avance, just do it !

Moi c’était la cuisine… Bien que cuisinant depuis toujours, j’ai passé mes diplômes très tard, comme pour une reconversion… Mais en France, je n’aurais certainement jamais pu faire ce que j’ai pu faire ici, c’est à dire cuisiner à mon compte.

En Amérique du Nord, rien que le fait d’être Française, d’être une femme, et de faire la cuisine, c’est déjà la moitié du travail de fait… Ensuite, il faut produire (avec toutes les exigences physiques et logistiques que cela demande) et puis vendre, bien sûr…

Mais au moins, vous vous évitez les combats inutiles : les machos du métier, les banquiers qui vous font la leçon comme à une petite fille, et surtout le problème de l’âge qui n’existe pas ici. Les seules limites, c’est vous qui vous les mettez… Les gens créent des entreprises à tout âge, il y a des chefs de 70 ans ou même des gens qui ouvrent un restaurant après 60 ans, et personne ne les regarde de travers… J’ai même entendu parler d’une dame qui a commencé une entreprise de cookies à 76 ans, après la mort de son mari…

Cette heureuse disposition d’esprit rend les choses bien plus simples…

2. Quels ont été les challenges auxquels tu as été confrontée, en tant que femme, qu’entrepreneure et en vivant à l’étranger ?

En tant d’entrepreneur, en fait les mêmes challenges qu’en France : la solitude de l’entrepreneur…

En tant que femme, le fait de m’assumer toute seule est toujours difficile, mais ça j’avais l’habitude…

En France, mes enfants étaient jeunes et ça m’a souvent posé des conflits intérieurs, entre ma vie professionnelle et mon souhait de me réaliser, et l’envie de m’occuper de mes enfants vers lesquels bien sûr je finissais toujours par pencher, ce qui me mettait dans des situations compliquées…

Le gros challenge est en fait de maîtriser les données et habitudes socio culturelles de votre nouveau pays, et donc de vos clients… Apprendre comment fonctionnent les gens, c’est apprendre comment ils consomment…

Et en matière de nourriture, il y a de quoi faire et de quoi dire en Amérique du Nord !

3. Quelle est ta plus grande réussite ?51U6OU7YR-L._SX358_BO1,204,203,200_

Malgré une arrivée tardive dans la profession, pouvoir malgré tout jouer dans la cour des grands, ce qui veut dire des autres chefs installés ici depuis toujours, en étant respectée et même congratulée souvent !

Et puis avoir pu éditer un livre (avec mon amie historienne Anne Marie Lane Jonah) sur les recettes du 18e siècle au Canada Atlantique…

Et sur un plan plus général, avoir donné un format professionnel respecté à mon envie de cuisiner pour les autres…

La meilleure illustration de cela est que je viens d’être nommée Chef du Consul général de France à Toronto, en charge de toutes les réceptions officielles… C’est un grand honneur bien sûr et une très belle satisfaction personnelle…4b817ace-63b6-452d-8eb1-53043cbed3f0-large

4. Chantal, quels sont tes projets, peut être un autre rêve à réaliser ?

Quand j’aurai fait le tour de mon rêve culinaire (c’est à dire, les mains dans la farine…), ce qui devrait encore durer quelques années, j’ai un projet de road trip transcanadien qui aurait pour fil rouge les traditions culinaires partagées avec le vieux continent, avec livre et expo photo à la clé… C’est un projet que j’ai commencé sur le papier il y a longtemps et auquel j’ai hâte de donner une forme plus dynamique…

5. Ton conseil aux Femmes et Entrepreneures, Ici ou Ailleurs ?

cc3642cc-129f-4832-b6a1-713b44360e19-large1/ Never give up, comme aurait dit Churchill, certes dans des circonstances plus dramatiques… Mais c’est un peu l’idée… Si vous avez une passion, écoutez-la et faites la vivre, vous ne pouvez pas vous tromper complètement.

2/ Si vous croyez fermement à quelque chose, à un produit, à un service, documentez votre affaire, écrivez votre projet, noir sur blanc, cela va vous aider à y voir plus clair, à identifier les zones moins précises et chercher des solutions, avant que d’autres personnes, moins passionnées et beaucoup plus pragmatiques (comme un banquier), pointent ces manques !

3/ Simplifiez vous la vie… Ne soyez pas trop perfectionniste, n’attendez pas trop longtemps, ne parlez pas trop aux autres de votre projet (ou alors restez évasive sur les points stratégiques), lancez-vous, vous affinerez les choses peu à peu… N’attendez pas que tout soit parfait pour vous lancer, parce que c’est juste impossible… Et toutes les rencontres professionnelles que vous allez faire rapidement vont se charger de moduler votre projet !

4/ Et je dirai aussi que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, donc, ne pas toujours écouter les conseils des gens pour qui c’est très confortable d’en donner mais qui n’ont pas les tripes pour lancer une affaire (« Tu crois vraiment que ça va marcher ? »)… En revanche, ceux qui sont passés par les mêmes étapes que vous, en revanche ceux-là, il faut les entendre, quitte à moduler un peu, mais il y aura toujours quelque chose de bon dans ce qu’ils vous diront de leurs erreurs ou de leurs succès……

5/ Préparez une bonne présence sur les réseaux sociaux principaux, et anticipez le contenu de ce que vous voulez faire passer comme message commercial et vos accomplissements… Ne pas les multiplier mais se concentrer sur 2 ou 3 et les nourrir régulièrement… C’est plus facile ensuite d’envoyer les gens voir ce que vous faites, plutôt que d’expliquer encore et encore…

6/ Faire du réseautage à fond… mais qualifié, auprès de personnes d’influence surtout… Bien recentrer ses intérêts à moyen et long terme, et les relier tout de suite à son affaire… Notre curiosité à parfois du mal à se canaliser ! Et sortir son arme favorite : une carte d’affaire attrayante, informative et originale !

Waouh! Merci Chantal!! »

Retrouvez Chantal sur ses sites My Creme Caramel et Chantal Vechambre.

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