5 questions à Bénédicte Beni-Locco, entrepreneure à Singapour

Voici une femme de 36 ans (qui en paraît 26, ndlr) qui n’a pas hésité à quitter un poste « confortable » de juriste pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Un changement radical mais qu’elle a rapidement assimilé, portée par la passion d’aider les autres et le désir de concevoir une plateforme efficace et attractive pour faciliter les échanges de meubles et articles de décoration de seconde main. Bénédicte est installée à Singapour depuis près de 5 ans et a créée Wabi Sabi Living en mars 2014.

« Bonjour Bénédicte et merci de partager avec nous ton expérience de Femme et Entrepreneure, Ici ou Ailleurs !

Prête à nous en dire plus en 5 questions ?

1. Pourquoi la création de Wabi Sabi Living ?

Wabi Sabi est une expression japonaise dérivé de principes bouddhistes zen. Wabi Sabi c’est l’art de trouver de la beauté dans l’imperfection. Cette philosophie qui veut que même les objets indésirables ou endommagés peuvent toujours trouver être réparés ou réutilisés représente la pierre angulaire de mon entreprise. Wabi Sabi nous invite à apprécier la beauté qui existe en toute chose, même et surtout en ce qui est imparfait, usé, vieux. La beauté ne réside pas dans la perfection mais dans la singularité. Je trouve que ce terme convient parfaitement au business que j’ai lancé.

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liv4-1Wabi Sabi Living a pour vocation de dépoussiérer le concept de dépôt-vente. Nous proposons essentiellement des meubles et articles de décoration soigneusement sélectionnés (antiques, vintage etc..) et nous nous chargeons de redonner une seconde vie à de vieux meubles. L’idée c’est de rendre les meubles et objets décoratifs de seconde main attrayants que ce soit sur notre site internet, où les internautes peuvent découvrir notre sélection et les réserver en ligne, ou dans notre showroom où chaque article est exposé et mis en valeur.

                       

Comment j’ai franchi le pas pour devenir créateur d’entreprise ? Dans mon cas particulier il a fallu un moment favorable aux remises en question et aux changements de cap.

J’ai commencé ma carrière en tant qu’avocate dans des cabinets parisiens. J’ai adoré être en contact avec les gens qui étaient derrière les dossiers et défendre leurs intérêts. En m’installant à Singapour, j’ai entamée ma première reconversion en passant d’avocate au contentieux à juriste – deux métiers totalement différents. Après avoir viré de bord une fois, je me suis dis que je pourrais recommencer. Le changement a toujours un côté positif !

Mais je pense que la raison profonde de mon changement est en réalité liée à une sorte d’éveil spirituel… un désir de prendre ma vie en main, un irrépressible besoin de vivre autre chose et une envie de vivre pleinement ma créativité. J’ai toujours été secrètement attirée par la décoration d’intérieur et les réactions positives de mes amis sur mes talents créatifs m’ont portées à m’orienter dans cette nouvelle voie.  

2. Quels ont été les challenges auxquels tu as été confrontée, en tant que femme, entrepreneure et vivant à l’étranger ?

Le fait de changer de pays, de m’adapter, de m’ajuster, de parler dans une langue qu’auparavant je maitrisais timidement m’a permis de sortir de ma zone de confort. Vivre à l’étranger seule, sans compagnon, m’a amené à expérimenter des changements en profondeur qui touchent à mon identité.

En démarrant mon activité entrepreneuriale je suis encore plus sortie de ma zone de confort. J’ai alors été confrontée à l’isolement, aux pensées paralysantes et aux personnes défaitistes. Etre entrepreneur que ce soit en France ou à l’étranger n’est pas un long chemin tranquille. Il est fait de nombreuses houles, tempêtes et temps calme. C’est en cela que le voyage est enrichissant.

En quittant Paris pour Singapour, pour suivre mon compagnon de l’époque, ma mère m’avait griffonné sur ledos d’une enveloppe un extrait du poème de Constantine Cavafy « quand tu partiras pour Ithaque, souhaite que le chemin soit long, riche en péripéties et en expérience… ». Pour moi ce poème résume assez bien la quête que j’ai entreprise. Les challenges que j’ai traversés ne constituent en somme que des expériences qui me permettent de m’émanciper et de me rapprocher un peu plus de la femme que je voudrais être.

3. Quelle est ta plus grande réussite ?

Ma plus grande réussite est d’être encore la, debout face à la vie.

4. Bénédicte, quels sont tes projets, un autre rêve à réaliser ?

Mon projet est de continuer à faire grandir Wabi Sabi Living. Il est possible que j’envisage de donner de nouvelles directions au projet pour me permettre d’avoir plus de liberté.

5. Ton conseil aux Femmes et Entrepreneures, Ici ou Ailleurs ?

liv8-1Ayez confiance en vous, et foncez !

Tout peut être accompli avec du courage et de la discipline. »

Retrouvez Wabi Sabi Living sur son site internet : www.wabi-sabi-living.com.sg, sa page Facebook : Facebook/Wabi-Sabi-Living et sa page Instagram : https://instagram.com/wabisabisg/